La situation des forêts communautaires préoccupe les gestionnaires

Les gestionnaires des forêts communautaires du Haut-Nyong ont procédé au diagnostic des défis de la foresterie communautaire les 23 et 24 février 2018.

Ils sont venus de Lomié, Doumé, Dimako, Ngoyla, Angossas, Atok, Mindourou.Tous membres de la fédération des unions des Gics et regroupement des forêts communautaires du Haut-Nyong (FUGIRFOC), la rencontre de ces acteurs de la gestion quotidienne des forêts communautaires avait pour but de contextualiser et d’enrichir la feuille de route de Brazzaville, résultat d’une réunion d’experts ayant pour thème : une foresterie participative plus efficace en Afrique centrale est-elle possible?

Les échanges de cette réflexion facilités par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) ont permis aux membres de FUGIRFOC de relever plusieurs difficultés liées à la foresterie communautaire.

Tracasseries routières et administratives

En effet, il ressort des échanges que la délivrance des documents annuels d’exploitation est centralisée au ministère en charge des forêts. Ce qui fait intervenir une longue chaine d’acteurs (chef de poste, délégué départemental, délégué régional et enfin Ministre des forêts et de la faune) pour la délivrance d’un seul et même document, ce qui favorise le rançonnement des gestionnaires des forêts communautaires. Ajouté à cela les multiples contrôles des forces de maintien de l’ordre et agents forestiers et fauniques. A titre d’exemple, «entre l’arrondissement de Ngoyla dans le département du Haut-Nyong et Yaoundé, il existe une quarantaine de postes de contrôle», souligne Thierry Mgbamine participant. Il ajoute, «il faut au moins 600 000 Fcfa de rançon des agents commis au contrôle pour faire partir un chargement de bois de Ngoyla pour Yaoundé» et EBONGUE Onésime rajoute «un peu plus de 1 200 000FCFA pour rallier un chargement de bois de Dimako à Kousseri».

Au-delà de ces difficultés liées à l’accès des forêts communautaires au marché du bois, les gestionnaires présents à Abong Mbang ont entre autres soulevé des griefs relatifs au cadre réglementaire. Ils ont aussi reconnu leurs faibles capacités organisationnelles, techniques et de gestion. En outre un montant de 2 millions de Fcfa a été estimé pour renouveler les documents annuels d’exploitation des Forêts communautaires.

Au terme de la réflexion, des propositions liées au contexte des forêts communautaires du Haut-Nyong ont été faites par les membres présents de FUGIRFOC.

Nous voulons une décentralisation de la délivrance des documents d’exploitation

Une note de contribution de FUGIRFOC a été élaborée et transmis à la FAO.

Ces propositions incluent :

– Formaliser le cadre juridique de gestion des forêts communautaires en mettant sur pieds un arsenal juridique spécifique aux forêts communautaire ;

– Recadrer l’orientation de la foresterie communautaire c’est-à-dire sortir de l’exploitation forestière pour aller à la gestion forestière ;

– Rendre effective la décentralisation (au niveau régional) pour faciliter l’obtention des documents de gestion et ainsi alléger les procédures d’obtention de ces documents ;

– Promouvoir l’informatisation des systèmes de traçabilité du bois (chaîne d’approvisionnement).

– Renforcer l’implication des jeunes, femmes et groupes marginalisés dans la gestion des forêts communautaires ;

– Mettre en place des mécanismes de lutte anti-corruption permettant d’identifier et sanctionner les responsables des taxations informelles qui alourdissent l’investissement des communautés rendant l’activité non viable et augmentant l’illégalité dans la foresterie communautaire.

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